Le départ se précise, et les choses devraient s’accélérer quelque peu. Il devrait se faire en deux temps.. Un premier vers Nice, et le vrai, vers l’inconnu. Il est donc grand temps de débuter ce
blog.
Je quitterai mon emploi fin juin, et l’appart mi juillet.
Mon traveling mate Bruno devrait monter voir une dernière fois ses enfants pour tout le mois de juillet à Nancy.
Je descendrai vers Nice en une quinzaine de jours pour rejoindre mon ex femme à Nice, qui a accepté de m’héberger, à Nice, et où j’attendrais Bruno, fin juillet, et là, le grand départ.
Le départ…. On en rêve, on est impatient qu’il arrive, mais c’est aussi une grande peur, le début de l’inconnu, et les millions de questions que cela génère et qui vous obsèdent à longueur de
journée, agaçantes, car ne vous faisant penser qu’à cela, mais bénéfiques aussi, car elle aide à maintenir le cap.
Oscar Wilde disait que « la sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit ». Je crois
qu’aujourd’hui, je comprends pleinement le sens de sa phrase.
Et je rêve déjà à la multitude de paysages que l’on va pouvoir découvrir, la faune, la flore, et ces gens, ces gens que nous allons rencontrer durant notre voyage et qui vont nous apprendre et
nous apporter tant de choses. Ces gens que nous allons pouvoir aider aussi, par le biais d’ONG, ou juste des communautés rencontrées au hasard qui aurait besoin d’aide pour un temps, pour une
récolte,…
Mais je repense aussi, à tout ces moments de ma vie qui m’ont amenés et préparés à cela. Les rencontres, les expériences, les voyages, les connaissances acquises, et surtout à ma famille, a qui
je rends hommage ici, car ils ne comprennent pas forcement mes choix, mais je les aime, et s’ils comprenaient que toutes ces choses que j’ai vécues, ces voyages, ces expériences, le bénévolat ne
m’ont conduits toute ma vie qu’à cela. Chose que je rêve et prépare déjà depuis ma plus tendre enfance, inconsciemment peut être au départ.
Aujourd’hui, il est temps, la vie file trop vite, elle est courte, et on en a qu’une. Alors ne pas attendre qu’il ne soit trop tard. Et qu’importent les conséquences. Vivons nos rêves et ne
rêvons pas notre vie. Je sais, c’est une phrase bateau, mais qui illustre pleinement mes pensés sur le sujet.
Même si cela comporte d’énormes sacrifices sur sa vie présente, et future, les bénéfices qui vont en découler, ne serait ce qu’en terme d’humanité, sont incalculables.
Et que vaut la vie ici, aujourd’hui ? Les salaires sont de plus en plus bas, le coût de la vie augmente tous les jours. On a de plus en plus de mal, en passant la plus grande partie de sa
vie, aliéné, à travailler pour un salaire, qui ne nous sert qu’à acheter des choses futiles et qui ne servent pas plus de temps que l’envie irrépressible que l’on a eu de l’acheter. Mais à quoi
servent toutes ces choses ? A oublier quoi ?
Valent-elles de sacrifier la majeure partie d’une vie qui est si courte, et qui peut être si merveilleuse, gratuitement, ou en se contentant d’un minimum, si l’on sait reconnaître tous les petits
plaisirs originels de la vie. Apprenez à découvrir la nature qui vous entoure, apprenez à regarder les autres autrement, l’importance de la relation humaine, qui semble avoir presque totalement
disparu de notre soi disant société civilisée. Apprenez à être sincère envers vous-même, et envers les autres, apprenez à ouvrir votre cœur, et vous saurez qu’il y a mille et une autres choses
que cette société de consommation, consommatrice de l’humanité de ceux qui la constitue et qui n’inculque seulement aux Hommes que l’argent est roi.
Pourquoi devrions nous être différents, marginaux, moins que rien, clochards, intouchables, et j’en passe, juste parce que notre vision de la vie et du bonheur n’est pas la même. Parce que nous
avons choisis de voyager, parce que notre salaire est le sourire et l’amitié des gens que nous rencontrons, parce que la richesse, nous la puisons chez les autres, dans la nature, les
expériences, est-ce un mal ? Est-ce un mal de ne pas voir en la possession d’une fortune, d’un bon job, d’une belle voiture, d’un écran plasma, le réel bonheur dans la vie, mais au contraire
comme une sorte d’aliénation qui vous lie à tout jamais à un bonheur artificiel ? Clochards peut être, mais clochards célestes, n’est ce pas Monsieur Jack Kerouac ?
Jack Kerouac, qui avec Sur la Route m’a procuré un déclic, à l’aube de mes vingt ans. Ma vie ne pourra jamais être metro-boulot-dodo-routine.
Mais avant cela, le goût du voyage, je le dois d’abord à ma famille. A mon grand père paternel, qui venait d’Arménie, et tout jeune, en m’interrogeant sur l’Arménie, j’ai découverts qu’il y avait
plein d’autres pays dans le monde. A mon grand père maternel, aussi, Commandant de bord à Air France. Toute sa vie, il a voyagé en avion, mais aussi en voiliers qu’il aimait
tout particulièrement. Je me rappelle encore aujourd’hui de film Super 8, sur le Japon, ou de photos des Marquises, des Galápagos, de leur vie en Afrique, ou de son service militaire dans l’US
Air Force, où il a appris à piloter. Tous ces endroits me faisaient déjà rêver. Et enfin, à mes parents qui, merveilleux, m’ont emmenés dans des endroits fabuleux lorsque
j’étais enfant, ce qui m’a offert de commencer à voir le monde plutôt jeune.
Au fil du temps ; des lectures comme Jack Kerouac, Bruce Chatwin, Henri de Montfreid, Jean-François Deniau, ont travaillées mon envie de voyager mais
aussi ma façon de voir le monde.
J’ai donc commencé par presque tous les pays d’Europe, le Maroc, plusieurs séjours aux Etats-Unis, puis la révélation : la Russie.
L’Europe, les Etats-Unis, sont des endroits magnifiques à visiter, où l’on peut encore trouver des gens sympas et différentes cultures mais qui ont de plus en plus tendance à s’uniformiser. Mais
on reste dans le cadre d’une vision du monde très particulière.
En Russie, j’ai découvert qu’un autre monde existait. Mis à part Moscou et Saint Petersbourg, qui sont des villes très riches et très européanoaméricanisées, mais dans la vraie Russie, la Russie
centrale.
J’ai rencontré des gens très simples, qui ne possédaient pas grand-chose, voir quasiment rien, et qui vivaient avec très peu d’argent. Et pourtant, j’ai rencontré des gens avec un cœur énorme,
d’une extrême gentillesse, qui vous accueillent comme avec les plus grands égards, même s’ils ne vous connaissent que depuis 10 minutes, qui vont vouloir tout vous offrir, des choses qu’ils ne
s’offrent souvent même pas pour eux, mais aussi des gens fiers, fiers de leur pays, de leur culture, de leur histoire, et qui ont tant de choses à raconter et à nous apprendre.
Des gens qui vivent si loin, qui sont si différents et que l’on ne connaît juste par ce que l’on veut bien nous en dire à la télé (de façon très différente de la réalité
souvent, mais bon, il parait que ça s’appelle manipulation).
Puis j'ai découvert couchsurfing...